Faut-il changer le système électoral américain ?

Lors des derniers pointages effectués mercredi dans l’après-midi, Hillary Clinton comptait 200 000 voix de plus que Donald Trump. C’est pourtant ce dernier qui a gagné l’élection présidentielle, servi par le mode de scrutin au suffrage indirect qui prévaut aux Etats-Unis, où ce sont de grands électeurs, 538 au total, dont le nombre par Etat est fixé en fonction du nombre de leur Représentants au Congrès. Il suffit donc d’être majoritaire dans quelques Etats puissants pour rafler la mise, quand bien même le suffrage direct vous est défavorable. Ce sujet, largement débattu en 2 000 lorsque Georges Bush l’emporta devant Al Gore malgré un nombre plus faible de voix, est immanquablement revenu à la Une de la presse américaine, en particulier du New York Times, qui défendait la candidature Clinton. « Notre système électoral est haï par beaucoup, peut-il perdurer  ? » s’interroge notre confrère. Qui rappelle qu’en 2 000, après la mésaventure Gore, Hillary Clinton s’était exprimée sur le sujet, indiquant « qu’en démocratie, nous devrions respecter la volonté du peuple et nous diriger vers une élection du Président au suffrage direct ». S’il prend soin de noter qu’après sa défaite de mercredi dernier, Hillary Clinton s’est élégamment gardée de remettre le sujet sur le tapis, le New York Times, lui, a décidé de rouvrir le débat, donnant la parole à plusieurs personnalités politiques et éminents spécialistes du droit aux Etats-Unis. A le lire, les partisans d’une réforme au profit d’un système « un citoyen une voix « représente une aspiration forte dans les milieux intellectuels américains.Et Donald Trumplui-même, lors de l’élection de 2012, avait qualifié le système des Grands électeurs de « désastre pour la démocratie » dans un tweet. Bien loin d’imaginer alors qu’il ferait de lui le 45° Président des Etats-Unis.